Le socialogaullisme et l'humanisme

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Le socialogaullisme et l'humanisme

Message  Pierre Meur le Dim 17 Aoû - 11:24

* le socialogaullisme fait l'objet d'un site. Jugez par vous même.

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Publié dans le forum Marianne2 dans le sujet "Victor Hugo : «La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde? Elle le doit»"

@89 PauLoDuCollègeAnarchoPatriote a écrit:
Pierre Meur a écrit:"Version négative : "Ne fais pas à autrui, ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse".
"Version positive : "Fais à autrui ce que tu voudrais que l'on te fasse".
C'est étrange, je ressens la 1ère comme "positive"... et la 2nde comme très "négative"... et même néfaste !

90. Posté par Pierre Meur le 17/08/2008 10:04
@89 Paulo,
Si on veut comprendre la règle d'or, il faut l'exprimer dans le dualisme sous lequel elle est habituellement exprimée. L'inconvénient, justement, c'est que c'est un dualisme dont les gens ne sortent pas et dans lequel il s'exprime de manière absolue, en contradiction avec la réalité qui n'a rien d'absolu et qui est une ode au relativisme.

N'importe quelle idée généreuse contient en elle-même de quoi la radicaliser. Vous dites que vous ressentez la version négative de la règle d'or comme "positive" et la version positive comme négative.

Déjà il y a confusion dans les termes. Lorsque je parle de version négative ou positive, je parle de la formulation et non d'un jugement manichéen qui verrait une version comme bonne et l'autre comme mauvaise. La règle d'or ne peut s'exprimer uniquement dans un choix d'une version plutôt que l'autre. Il faut voir les deux versions comme complémentaires, et notre jugement comme un curseur navigant sans cesse entre les deux, afin de relativiser notre façon d'agir.

Vous être contre ce que vous appelez le sociogaulisme, mais votre programme en est issu directement. Si je devais définir ce que vous qualifiez de sociogaulisme, je dirais que c'est une vision qui n'en vois que les dérapages.

La réalité de tous les êtres humains est d'être dans une relation avec d'autres êtres humains, et cela sans parler de la relation des êtres humains avec ce qui n'est pas le genre humain.

Nous sommes donc des êtres doués de conscience confrontés à la contingence sociale, ce qui amène naturellement à deux perceptions politiques : le libéralisme et le socialisme. Le libéralisme étant la vision donnant priorité à la liberté de l'individu, et le socialisme étant la vision donnant la priorité au cadre dans lequel se meuvent les individus.

Les êtres humains responsables comprennent les exigences de la Loi commune et ne l'appliquent pas dans sa rigueur, mais dans son dynamisme. Ceux qui transgressent volontairement la Loi ou la détourne à leur profit ne comprennent pas l'essence de la Loi.

La Loi doit être imposée à ceux qui n'ont aucunes barrières morales, elle coule de source et est transcendée par le citoyen responsable qui est le véritable anarchiste.

La solidarité est une évidence, puisqu'elle s'applique tant aux autres qu'à nous-même. Mais comme la solidarité implique d'autoréguler notre liberté, certains ne l'acceptent pas et, par opportunisme, piétinent la liberté des autres.

Dans le discours politique, il y a la forme et le fond qui sont discernables, mais il y a également la motivation de celui qui s'exprime, et là on est dans le flou le plus complet.

Nous vivons des temps politiques équivoques parce qu'il y a eu abus de tromperie. Pour qu'un pays puisse fonctionner politiquement, le peuple doit avoir confiance dans ceux qui le représentent. Et l'évidence est qu'une méfiance excessive est devenu la réalité. C'est un moment dangereux pour la démocratie, car quiconque se présente aux élections est suspect d'être un politicien escroc.

Cette méfiance découle d'un abus certain, mais également de l'hypothèse répétée et présentée par les médias que la politique est dominée par les exigences de rapport de forces dont la finalité n'est que l'accession à un pouvoir de type monarchique, c'est-à-dire absolu.

L'inconvénient, c'est que le politicien ne peut s'exprimer aujourd'hui au peuple qu'à travers des médias qui exigent de lui un discours convenu et stéréotypé.

Le jour où on élira les journalistes et que l'on enverra les médias irresponsables à la casse, tout ira mieux. La liberté d'expression à des exigences de responsabilité. Aujourd'hui la presse n'est plus neutre, mais elle feint de l'être. Bizarrement, mais d'une manière très compréhensible, le débat sur les médias n'existe pas. Pourtant pourquoi admettre que les politiciens seraient corrompus, et que les journalistes et les médias ne le seraient pas ?

Nous vivons une crise de confiance, c'est tout. Pourtant, la seule voie possible est le rétablissement de la confiance. Comment ? Je l'ignore. Ce que je sais, c'est que l'opportunisme est statistique, mais qu'il n'est pas la règle commune.

Je suis humaniste parce que j'ai foi dans l'homme. Je suis humaniste parce que j'ai un enfant, et que je lui souhaite le meilleur, donc que je ne peux en cohérence que souhaiter le meilleur aux autres également. L'humanisme est un socialisme parce qu'il intègre l'humanité entière, et non la seule France ou un autre pays. Qu'il intègre tous les hommes et que sa finalité est de les rassembler sous des valeurs propres à les épanouir ensemble. Il est dommage qu'il n'existe plus des personnalités comme Victor Hugo pour revitaliser la solidarité indispensable à la symbiose humaine.

Si la solidarité ne doit plus s'exprimer que dans des discours de haine qui n'aurait de valeur que de n'être pas politiquement correcte, alors, vraiment, il y a lieu de désespérer. Alors la seule solution sera la vasectomie. Pensez-y quand vous vous exprimez.

Pierre Meur
***

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