La peine de mort

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La peine de mort

Message  Pierre Meur le Mar 12 Aoû - 12:29

Publié dans Marianne2 dans le sujet "La vengeance est une justice sauvage".

Par Kiosk qui revient sur le meurtre du petit Valentin et, en réponse à un Mariannaute qui validait l'efficacité de la peine de mort, nie tout effet dissuasif à cette dernière.

Avant de parler de justice et/ou d'injustice, il faut définir de quoi il s'agit.

La relation juste est équitable. Figée dans l'absolu, elle ne cherche pas à atteindre l'intégrité de l'autre.

La relation injuste est l'atteinte à l'intégrité de l'autre. Elle va de l'atteinte à ses biens à l'atteinte à sa personne, le meurtre étant le summum de la relation injuste.

Les droits et le devoirs de l'autre soulignent l'évidence de nos propres droits et devoirs. Sur le principe, il n'y a pas d'équivoque possible, il découle du principe de réciprocité. Par contre, il y en a sur le degré de responsabilité ainsi que sur la motivation, et c'est là que les choses se compliquent, que l'on sort du raisonnement absolu pour rentrer dans le raisonnement relatif.

Pour des êtres humains "normaux", qui rentrent donc dans la norme commune, il y a une gradation de comportements admissibles et de comportements inadmissibles. Cette norme de comportements est l'objet même de la politique. Les uns pensant que la plus grande liberté de l'individu prime, on appelle cela le libéralisme. Les autres pensant que c'est l'inscription de l'individu dans la société qui prime, on appelle cela le socialisme.

Lorsque l'individu veut augmenter sa liberté au delà de celle de l'autre, ou que la société atteint plus que nécessaire à la liberté de l'individu, on rentre dans l'établissement du rapport de force et donc dans l'établissement de l'abus de pouvoir. C'est dans l'abus de pouvoir du plus fort sur le plus faible que ce trouve l'injustice, petite ou grande. D'où la nécessité d'une institution Justice capable de donner des avis sur la qualification de cet abus de pouvoir par rapport à la norme commune ou au bien commun.

En matière de justice institutionnalisée, on peut avoir une approche qui ne considère que le principe de réciprocité de manière absolue. Ca c'est l'application du fameux : "œil pour œil, dent pour dent". La sanction de la justice étant alors aussi absolue que l'acte injuste. C'est la simple notion de justice-vengeance. Elle oppose le pire au pire, proposant aux parents du petit Valentin de devenir assassins à leur tour. Les questions que l'on peut se poser alors sont :

- Y a-t-il réparation du préjudice ?

Comme la mort du tueur, pas plus que n'importe quelle sanction, ne fera pas revenir Valentin, il n'y aura jamais réparation.

- En tuant l'assassin de Valentin, et faisant ainsi de ses parents des assassins complices, est-ce qu'on ne leur fait pas subir une seconde injustice ?

On peut être enclin, d'une certaine manière, à le penser. C'est bien pour éviter ce genre de paradoxe, que l'institution Justice existe. Elle permet en n'impliquant pas les parents de Valentin dans la sanction de ne pas aggraver le préjudice qu'ils ont subi. Ce qui n'implique pas que le crime ne doive pas trouver sa sanction, car l'acte injuste doit trouver sa sanction en raison du principe de causalité.

Celui qui est la cause d'une injustice doit en subir tous les effets. Ceux qu'il a désirés, mais également ceux qu'il n'a pas désirés. C'est pour cela que l'on dit que la justice est aveugle. Elle applique sans haine au responsable d'un acte injuste les effets non-désirés que cet acte implique.

Qu'est-ce qu'une sanction juste ?

C'est là, que l'on sort de la justice "œil pour œil, dent pour dent", pour rentrer dans le cadre d'une justice responsable aux vertus "pédagogique", qui aura à juger des faits, du degré de responsabilité, et de la motivation qui est parfois justifiable, dont la finalité de l'analyse sera de proposer une sanction appropriée capable de proposer au justiciable un moyen de "payer sa dette".

C'est à son institution Justice et aux sanctions qu'elle applique que l'on évalue le degré de civilisation d'une société ou d'un pays.

La peine de mort n'a pas de vertu curative. Certainement, pas sur celui à qui on l'applique, et c'est plus que discutable sur la société, puisque dans les pays où elle est appliquée, des crimes de sang continue à être commis.

La prison a-t-elle une vertu curative ? Si c'est juste un moyen d'isoler les criminels de la société, il y a peu de chance qu'elle en ait, bien au contraire. La prison ne doit pas avilir le justiciable, elle doit lui proposer un programme de réinsertion et le rééduquer si cela est possible. C'est dans la bonne volonté du détenu à s'engager dans ce processus que l'on voit la sincérité de son amendement. Une société qui n'accorde pas un regard attentif à ses prisons et à ses prisonniers n'est pas une société respectable.

On objectera souvent que la société accorde plus d'égards aux assassins qu'aux victimes, mais ce manque d'égards pour les victimes n'invalide pas celui qui doit être accordé aux prisons et aux prisonniers. Les victimes doivent recevoir un soutien psychologique, voir économique en rapport avec le préjudice commis. C'est bien le moins que l'on puisse attendre d'une société solidaire, sinon le ressentiment des victimes ne peut aller qu'en augmentant, et alors, il n'est pas étonnant de voir resurgir des appels à une justice expéditive.

Que faire des criminels indécrottables ou/et des psychopathes ?

Je n'en ai aucune idée, mais il est clair que lâcher des fauves dans la société ne va pas les rendre moins fauve. Ils doivent rester dans l'incapacité de nuire. Cela veut-il dire qu'il faut les jeter dans un cul de basse-fosse ? Ils restent des êtres humains, et il n'y aurait aucune dignité pour la société à les traiter autrement.

Voilà !! Ce n'est que mon avis, mais je le partage :-)

J'ai écris ce post en me demandant sincèrement, et sans faire appel à des références, ce que je pensais de la justice, et de la peine de mort en particulier. Je me suis mis à la place des parents, des juges, des coupables. Ce n'est pas évident. Il y a beaucoup de questions et y répondre donne l'impression d'être caricatural et de passer à côté de l'essentiel sans pouvoir le saisir. C'est dans des sujets de cette importance que l'on se rend compte de l'étendue de ses propres préjugés. Je n'ai lu que l'article d'entête de ce sujet, je n'ai pas lu les commentaires. Je le ferai dès la publication du mien.

Je me suis dis qu'il serait bon de proposer des liens vers des sites qui traitent de la peine de mort. En voici deux que j'ai sélectionné, parmi beaucoup d'autres. Bonne lecture :

Pour votre érudition, voici le lien vers le texte intégral du discours de Robert Badinter à l'Assemblée nationale, le 17 septembre 1981, portant sur le projet de loi sur l'abolition de la peine de mort. Si cela ne fait pas de bien de le lire, cela ne peut certainement pas faire de tort. C'est un moment de l'Histoire de France qui lui rend honneur.

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/abolition-peine-mort/badinter.shtml

Autre lien qui vous permettra de connaître la réalité de la peine de mort dans le monde :

http://www.abolition.fr/ecpm/french/pays.php?&topic=54

Pierre Meur

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Re: La peine de mort

Message  Rose le Mar 12 Aoû - 18:17

J'ai répondu OUI , favorable à la peine de mort pour les récidivistes de violeurs et meurtriers d'enfants, pour les tueurs de personnes sans défense (handicapés, personnages âgées etc...) aussi pour les personnes qui ont participé aux crimes contre l'humanité,
ces personnages qui croyaient détenir le pouvoir absolu en exterminant des milliers, voir des millions de gens juste pour leur différence de religion ou de leur couleur de peau Evil or Very Mad

Il est indispensable de faire des lois, avec la possibilité de modulation et d'adaptation selon chaque situation au lieu de les appliquer "bêtement".





Liste des actes constitutifs de crimes contre l'humanité, lorsqu’ils sont commis « dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique dirigée contre toute population civile et en connaissance de l'attaque » :


-le meurtre

-l'extermination

-la réduction en esclavage

-la déportation ou le transfert forcé de population

-l'emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté physique en violation des dispositions fondamentales du droit -international

-la torture

-le viol, l'esclavage sexuel, la prostitution forcée, la grossesse forcée, la stérilisation forcée ou toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable

-la persécution de tout groupe ou de toute collectivité identifiable pour des motifs d’ordre politique, racial, national, ethnique, culturel, religieux ou sexiste, ou en fonction d’autres critères universellement reconnus comme inadmissibles en droit international, en corrélation avec tout acte visé dans le présent paragraphe ou tout crime relevant de la compétence de la Cour

-la disparition forcée de personnes

-le crime d’apartheid

-d'autres actes inhumains de caractère analogue causant intentionnellement de grandes souffrances ou des atteintes graves à l’intégrité physique ou à la santé physique ou mentale.






désolée de mélanger un peu tout, mais je pose là comme ça me vient Neutral
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Re: La peine de mort

Message  Rose le Mar 12 Aoû - 18:20

Je complète ma réponse en citant la source du lien où j'ai copié la liste des actes constitutifs de crimes contre l'humanité:


http://fr.wikipedia.org/wiki/Crime_contre_l'humanité
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Re: La peine de mort

Message  Rose le Mer 13 Aoû - 20:02

J'ai un peu plus de temps pour développer (enfin... tenter) mon sentiment sur ce sujet plus que délicat en occultant toute influence médiatique ou philosophique... ce qui veut dire que ce que j'écris là n'est qu'un ressenti profond et je ne prétend pas que c'est La solution juste ou idéale, elle n'est peut être pas très humaniste mais j'assume ce que j'écris, mes propos manqueront peut être de cohérence et mon vocabulaire ne sera pas certainement pas à la hauteur de mes pensées mais mon coeur lui a je crois des capacités limités que je découvre au fur et à mesure de ma vie, même si je souhaiterais qu'il en soit autrement... et puis ce je pense aujourd'hui face à un tel sujet qui, bien qu'il me concerne de façon sentimental ne me concerne pas directement puisque jamais je ne me suis trouvée réellement devant une telle situation, ce qui veut dire que certainement je ne réagirai pas de la même façon, je n'en sais rien, je ne peux que supposer...

Pierre dit;

....En matière de justice institutionnalisée, on peut avoir une approche qui ne considère que le principe de réciprocité de manière absolue. Ca c'est l'application du fameux : "œil pour œil, dent pour dent". La sanction de la justice étant alors aussi absolue que l'acte injuste. C'est la simple notion de justice-vengeance. Elle oppose le pire au pire, proposant aux parents du petit Valentin de devenir assassins à leur tour. Les questions que l'on peut se poser alors sont :

- Y a-t-il réparation du préjudice ?

J'essaye en toute humilité de me mettre à la place d'un parent qui vient de perdre un enfant par assassinat, par viol ou sévices corporels. Dans quel état de peine et de haine peuvent ils se trouver en tant que humains "normaux" ?
Peu importe la sanction, il est bien évident que l'enfant tué ne reviendra pas, cette raison pourrait être une "excuse" valable pour que la justice ne donne pas à l'accusé la peine capitale, la peine de mort. Ce qui voudrait dire que quelque soit le crime commis par un homme tel qu'il soit, celui ci n'est pas digne de mourir, ok, l'idée est humaine, et traiter le tueur de la même façon qu'il a traité sa victime ne ferait qu'aggraver la conscience humaine, mais ça, c'est de la théorie, celle qui supposerait faire grandir l'homme par sa noble pensée Rolling Eyes mais en réalité qu'en est il ?

D'un côté on ne peut que tenir compte des faits, de quel droit un homme peut tuer une autre personne, enfant, femme, vieillard, handicapé..... de façon préméditée, de quel droit ?
Comment pouvoir tolérer une telle injustice?
Pourquoi laisserait on passer un acte aussi immonde ?
La sanction ne sera jamais compensatoire au désarroi de la famille, des parents, c'est certain, mais pourquoi permettre à un criminel de cette trempe de ne pas subir le même sort que la victime, la mort !
Par "simple" principe humaniste ? Ben voyons, c'est un peu trop facile !

Si la peine de mort ne résoud pas le taux de criminalité elle le diminue certainement en dissuadant quelques individus et c'est toujours ça! Je ne dis pas que son application doit être systématique mais réservée aux cas les plus récurrents (avec évidemment preuves indéniables à l'appui, de nos jours l'ADN fait ses preuves non?) parce que des monstres en puissance il en existent vraiment et si la cause de leurs crimes est la conséquence de leur malheureuse enfance, donc présumés irresponsables, tout est alors permis et de pauvres innocents payeront encore de leur vie à cause de ce que j'appelle une injustice que de s'occuper d'un être capable de torturer, assassiner un innocent qui n'a eu comme tort que croiser le chemin d'un tel monstre et même parfois un monstre récidiviste!!


C'est tout pour le moment

...
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Re: La peine de mort

Message  Rose le Mer 13 Aoû - 20:14

La justice qui prendrait la décision de la peine de mort serait elle aussi injuste que le tueur qui a tué?
Certainement pas, sinon à quoi bon instaurer des lois, des tribunaux, des juges...... enfin... je vois ça comme ça.

Que faire des criminels indécrottables ou/et des psychopathes ?

Je n'en ai aucune idée, mais il est clair que lâcher des fauves dans la société ne va pas les rendre moins fauve. Ils doivent rester dans l'incapacité de nuire. Cela veut-il dire qu'il faut les jeter dans un cul de basse-fosse ? Ils restent des êtres humains, et il n'y aurait aucune dignité pour la société à les traiter autrement.

Mais laissons un peu de côté la dignité et regardons la réalité, pour être dans la nuisance totale les criminels de ce genre, psychopathes récidivistes ne sont pas des humains mais comme je l'ai déjà dit, des monstres. Sinon, les soigner? Pourquoi faire?
C'est peut être dégueulasse ce que je vais dire mais des gens malades, atteints de maladies aux traitements coûteux méritent eux d'être soignés, alors que les assassins en puissance ne méritent même pas d'être au chaud dans une cellule! A la limite s'en servir pour expérimenter des nouveaux traitements ou quelque chose du genre, qu'ils soient au moins utiles pour l'espèce humaine pour rattraper leur très grande faute si on estime qu'elle est rattrapable, ce que je doute Evil or Very Mad

Voilà mon sentiment, il vaut ce qu'il vaut.
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